LA VIE  D'UN FILS D'OUVRIER

 

AGRICOLE

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 LA LIBERATION  ARRIVE ........    

                                                                                                                

                                                                                                                                                                                             Trente huitième  châpitre                                                                                                         

 

 

 Le jour était levé depuis au moins deux heures, nous entendions toujours le bruit des explosions qui se situaient en direction de la côte.

Si il y avait un certain ralentissement au dessus de nos têtes, les avions semblaient moins nombreux. Mes parents décidèrent malgré tout de quitter la maison, la gare étant très proche dnum_risation0014e nous.

Nous sommes partis pour un lieu plus sur, des personnes du village s'étaient jointes à nous pour se réfugier dans un endroit que je connaissais déjà "Le Rachinet". Quelques prés de la ferme se trouvant à quelques centaines de mètres.

Nous nous sommes retrouvés dix sept personnes à converger vers ce lieu, nous étions chargés du peu de victuailles que nous possédions et de quelques ustensiles de cuisine pouvant être très utiles, sachant que nous ne savions pas combien de temps nous serions éloignés de notre demeure. Ma mère emportait deux bidons à lait pour la traite des vaches, ces dernières pâturant près de l'endroit où nous nous rendions, à environ cinq cent mètres. 

Après un temps de marche à travers champs et barrières, nous sommes arrivés à l'endroit choisi. Une autre famille c'était jointe à nous, ce qui faisait un groupe de vingt deux personnes, c'est à dire presque la totalité des habitants du village. Le reste étant parti soit vers le château des Tiques ou ailleurs.

Nous nous sommes installés dans un petit pré bordé d'un sentier plutôt mal entretenu, qui menait au bourg de Saint Marguerite d'Elle à deux kilomètres à vol d'oiseau.

Planté de pommiers, ce champ était entouré de haies fortement épaisses avec de grands arbres, une mare assez grande devait nous rendre service pour notre toilette. Chacun s'est installé à sa façon, mes parents ont choisi  un large fossé à l'abri d'unnum_risation0017 arbre très touffu sous lequel nous serions bien protégés.

Après un nettoyage de l'endroit, nous voici donc installés pour une durée inconnue. Dans la soirée, avec un copain, nous sommes partis avec ma mère pour traire les vaches qui se trouvaient à environ cinq cent mètres de notre gourbi. Nous sommes revenus avec deux bidons de lait qui a été apprécié par l'ensemble du groupe, certains n'ayant rien mangé depuis le matin.                                                                                      Le  repas terminé, nous nous sommes installés pour la nuit pour essayer de dormir dans ce fossé en ayant  pris soin de mettre des branchages et des herbes séchées au fond de celui-ci . Malgré cela le lit était assez dur et la fraîcheur de la nuit m'empéchait de roupiller normalement. Le canon quant à lui tonnait toujours.

Au lever du matin, la journée paraissait assez bonne et nous avons profité d'un léger rayon de soleil. Au début de l'après midi, quelques uns sont retournés au village pour essayer de capter quelques messages de la BBC mais en vain, il leur manquait du matériel. Nous étions donc dans l'ignorance complète des évènements. Nous profitions du temps clément pour améliorer notre genre de gourbi sans toit, et surtout améliorer notre "matelas" en allant aux alentours ramasser herbes et fougères.

Dans la soirée, pendant que nous mangions nous avons entendu un grondement énorme, comme ceux du matin, cela venait des terres. Nous ne savions pas où, cela peut-être sur Saint Lnum_risation0015ô.

Après une nouvelle nuit toujours aussi fraîche, au lever, c'est une pluie assez fine qui nous tombait dessus. Celle ci cessera très vite. Etant bien protégés par notre grand arbre, nous ne l'avions pas subie.

Après le petit déjeuner assez frugal, quelqu'un ayant dû aller aux nouvelles, nous avons appris que la boulangerie du chef lieu de canton était ouverte. Nous manquions de pain, alors je suis parti accompagné d'une personne pour nous y rendre, nous avions quatre kilomètres de marche à parcourir à travers champs et sentiers pour y arriver. Après avoir traversé la rivière l'Elle, nous sommes arrivés sur l'autre rivage. Dans les champs et derrière les haies nous avons vu beaucoup de soldats allemands lourdement armés, ils nous ont laissé passer sans difficulté. Nous sommes revenus de la boulangerie avec quatre pains de trois livres. Dans cette commune la vie ne semblait pas avoir changée, chacun faisait comme si rien de grave ne se passait.

Après le repas du midi, ma mère a décidé d'aller à la ferme pour faire des galettes, deux femmes du groupe l'accompagnaient, elles sont revenues assez tard ayant rencontré de petits problèmes. Sur le retour, en  traversant un champ, un avion a tourné au dessus d'elles, et c'est en agitant leurs mouchoirs qu'il s'est éloigné.num_risation0018

En ce début de cette nouvelle journée, un groupe de six chasseurs a attaqué la gare, lors d'un de  passage un de ces avions a dégagé une épaisse fumée en piquant vers le sol, à moins d'un kilomètre, nous apprendrons qu'il était tombé près de l'église de Moon sur Elle.

Une nouvelle nuit nous attendait, mais vers deux heures du matin nous étions réveillés par le bruit des avions qui lâchaient des bombes sur la gare et son dépôt. Malgré les deux kilomètres nous séparant des opérations, beaucoup étaient angoissés. D'autant plus que nous entendions les bombes descendre en provocant un sifflement aigu, quand elles arrivaient au sol nous apercevions une lueur rouge et quelques secondes après le bruit de l'explosion.

Les avions ayant accompli leur mission, il nous restait qu'à essayer de dormir.

 

          A suivre......