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Nouvelles locataires au chateau de la rivière.

 

HISTOIRE DU CHATEAU DE LA RIVIERE ( suite )

 C'est avec un léger retard que je reprends la suite  de l'histoire du Château de la Rivière, mais, que voulez-vous, l'été indien que nous venons de vivre m'a incité à travailler au jardin pour préparer le printemps.

 

Quant aux marais consnum_risation0029idérables qui entourent le château, par une transaction passée devant les tabellions du Hommet pour le siège de Moon en Bessin, le 17 août 1626, le seigneur en avait inféodé 450 vergées à la commune de Saint Fromond, se réservant Fresbouge, qu'il avait fait clore, et quelques rentes ou mares à gibier.

Au nombre des rentes en nature dues à la baronnie, figuraient; cire, poivre, cumin, sel franc, éperviers, fers à cheval, laisses à lévriers etc..

Les vassaux devaient aussi, pour la foire de Daye qui se tenait le jour de Saint Jean Baptiste , charrier les branches nécessaires à la construction d'un "auditoire de feuillie" pour la séance des officiers du seigneur qui percevaient les droits de coutume et travers, autrement dit; passage sur la baronnie.

Le premier seigneur de la Rivière dont le nom soit parvenu jusqu'à nous est Geoffroy de Montenay, qui vivait à la fin du XIIIème siècle. Grace à un acte découvert par Monsieur Lepingard aux "archives de la Manche Saint Fromond. Nous 1285, Gaudrifus de Monteneio miles dominus de Riparia Soneti Fromondi, promit aux religieux du prieuré l'assiette sur son fief, de vingt sols tournois de rentes ennum_risation0024 récompense des oblations de la chapelle qu'il devait construire dans son manoir. Ce manoir, s'il était fortifié au XIIIème siècle, avait cessé de l'être, car en juin 1400 autorisation fut donnée par charlesnum_risation0003savons qu'en  VI à Isabeau de Meulent, dame de Thieuville, possédant " en sa terre et baronnie du Hommet, un hostel appelé 'hostel de la Rivière, lequel est assis en belle cour et notable d'ancienneté, de faire fortifier ledit hostel et " (prieuré de mettre en tel estat qu'il soit et puisse estre déffensable, et estre gardé et emparé en temps de guerre ".

Ce fief de la Rivière demeura dans la même famille jusqu'en 1462, époque à laquelle Jean de Montenay se vit contraint de s'en dessaisir. Il fut acheté par Christophe de Cerisay, seigneur de Vesly.

Son fils probable et héritier, Guillaume de Cerisay, écuyer secrétaire du roi naquit à Carentan, et Toustain de Billy le met au rang des hommes remarquables originaires de cette ville. "Je ne dois pas dit-il oublier Guillaume de Cerisay  seigneur du chastel du Hommet et de la Rivière, bailli du Cotentin, il estait vicomte de Carentan et fit bastir la chapelle du chasteau de la Rivière. Il portait d'azur au chevron d'argent accompagné de trois croissants d'or (8). Il fut tellement distingué qu'il fut choisi pour procureur de l'Echiquier en 1464. En 1473, le roi Louis XI, par lettres patentes données à Melun au mois de novembre lui accorda haute justice en sa baronnie du Hommet, avec pouvoir de commettre des officiers, un lieutenant, un vicomte, un tabellion et autres."

C'est lui croyons-nous, qui fit construire le château actuel de la Rivière, commencé peut-être par son père. Dans son histoire de l'Election de Carentan, Monsieur de Pontaumont nous apprend qu'il fit également bâtir le choeur de l'église de Vesly, dont il était seigneur. Carentan, selon Toustain de Billy, lui doit aussi son église que les guerres et le temps avaient ruinée. Lui et sa femme, Jacqueline de Rentot, la rebâtirent en 1466. Ils furent inhumés sous un tombeau élevé dans la nef, vis à vis du crucifix, sous les cloches.

Les archives de cette église conservent le contrat de sa donation de 1490, par laquelle il "supplie humblement Messieurs les curés, clercs de choeurs, cousteurs, vicaires et autres gens d'église, nobles, bourgeois, trésoriers, manants et num_risation0025num_risation0027habitants de ladite ville et paroisse, qu'il leur plaise lui octroyer les choses qui ensuivent, sous le bon plaisir et autorité du Révérend Père en Dieu. Monsieur l'Evesque de Coutances. Premièrement qu' après son trespas sa pôvre charoigne soit inhumez en l'Esglize Nostre-Dame de Carentan, où il a eu de bien longtemps et à sa très humble et fervente dévotion, et que ce soit en la fosse où fut enterrée sa feue femme à qui Dieu pardonne, devant la représentation et figure de la très douloureuse passion de nostre benoist sauveur Jésus-Christ, qui est tout droit devant le benoist crucifix: que sa dite povre charoigne soit mise en la fosse de sadite feue femme et au costé d'elle"

Dans la suite de l'acte, il fonde à perpétué un office canonial en l'honneur de la Vierge, avec matines, vêpres, messe chantée chaque jour de la semaine, plus tous les mercredis une procession à la chapelle de Saint Germain peu éloignée de l'église. Il termine en demandant de comprendre dans ces prières ses parents défunts, nés et à naître, ainsi que ses serviteurs tant vifs que trépassés. Le montant de cette fondation s'élevait à six vingt dix livres tournois de rente (130livres) à prendre sur la sergenterie de Sainte Mère Eglise, les seigneuries d'Agon et de Vesly, la baronnie du Hommet et le fief de Fierville (9).

(8) - Ses supports et son cimier étaient des cerfs par allusion peut-être à la première syllabe de son nom. On les voit encore assez distinctement au dessus de la grande porte d'entrée du château de la Rivière. Ajoutons que ces supports étaient ceux de Louis XI.

(9) - Cf Histoire de la ville de Carentan par monsieur de Pontaumont.

 

                                                 à bientôt...